Ce que les pharmaciens veulent


Une nouvelle campagne publicitaire vise à déstabiliser le réseau de santé de proximité.

Au-delà de ce cette considération "de clocher", en tant que pharmacien salarié, j'attends de mon employeur qu'il réponde aux obligations ordinales et éthiques suivantes :

  • assurer une présence et un conseil pharmaceutique permanents.
  • être accompagné de collaborateurs fiables et habilités à délivrer des médicaments en absence de problème détecté.
  • avoir la liberté d'orienter un patient vers le corps médical sans acte de vente face à une pathologie ne relevant pas du conseil pharmaceutique.
  • avoir la liberté de proposer un conseil adapté aux patients en fonction des antécédents, pathologies associées et traitements en cours.
  • répondre sans impératif de temps aux patients en difficulté.
  • disposer d'un approvisionnement sûr afin de limiter les risques de mauvaises fabrications et de contrefaçons.
  • disposer de conditions de stockage sûres et adaptées afin de limiter les détournements.
  • disposer d'un local de confidentialité.
  • bénéficier de formations continues pour moi-même et mes collaborateurs.
  • disposer d'un système d'alerte adapté de retrait de lot et de pharmacovigilance.
  • disposer d'outils de suivi du patient permettant de détecter les échappements thérapeutiques et les mésusages avant que sa santé ne soit en danger.
  • récupérer les médicaments périmés ou inutilisés.
  • assurer sécurité et solidarité pendant les gardes de jour et de nuit.

Par ailleurs, dispenser juste n'implique pas de faire dépenser plus.

Dans cette campagne publicitaire, les titulaires ne sont jugés que sur leurs prix de vente "à la boîte" de certains médicaments.
Leurs équipes ne devraient donc être évaluées que sur leurs seuls volumes de vente de ces médicaments.
Les outils pour déterminer des objectifs individuels quantitatifs (CA par famille, panier moyen, statistiques...) sont déjà disponibles depuis longtemps dans notre profession. Utilisés sans considération éthique garantie par l'Ordre des Pharmaciens, ils me paraissent bien dangereux.

Mais au fait, quel pharmacien voudrait cet avenir pour l'ensemble de sa profession?